Lectures - Frédéric Boyer

7 JUIL
La Bible, notre exil
P.O.L, 2002 - extraits

(…) La langue unique de la tradition est souvent celle de la violence. Elle est bâtie sur l’illusion d’une langue pure et commune. Elle cache ses propres généalogies, ses dérivations, son métissage. Elle fait l’oubli dangereux de la réception. C’est-à-dire du risque même que doit courir toute langue pour courir sur les lèvres des vivants (…) Traduire, c’est aussi éprouver notre condition d’héritier dans la langue.

8 JUIL
Sexy Lamb
P.O.L, 2012 - extraits

(…) Je fais une hypothèse. Il est possible que ce que nous appelons le christianisme ne soit d’abord qu’une formidable performance narrative. Performance littéraire à partir de multiples greffes. Et créatrice de métamorphoses et de transformations atteignant les corps individuels et collectifs. Je devrais alors emprunter aux sources du poème, de l’histoire, de la fiction, pour tenter de raconter le christianisme comme événement littéraire…

9 JUIL
Quelle terreur en nous ne veut pas finir ?
P.O.L, 2016 - extraits

(...) Aujourd’hui nous devons faire face. Et savoir d’instinct, savoir sans le comprendre que la seule force, la seule valeur, la seule dignité, c’est de ne pas comprendre si comprendre nous fait renoncer à l’amour de l’autre. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité non seulement d’une existence mais de toute communauté.

Passeur, penseur, conteur ? Frédéric Boyer a le regard à la fois habité et narquois, la faculté de rendre limpide les textes les plus canoniques, l’enthousiasme communicatif et pratique l’exégèse comme d’autres pratiquent un loisir jubilatoire. Avec lui, l’altérité est réciproque, joyeuse, inépuisable. La pensée fait bouger. L’entendre est récréatif.