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Dorothée Munyaneza

conception et chorégraphie Dorothée Munyaneza
compagnie Kadidi / Provence-Alpes-Côte d’Azur

avec Holland Andrews, Alain Mahé, Dorothée Munyaneza
regard extérieur Faustin Linyekula
scénographie Vincent Gadras
artiste plasticien Bruce Clarke
création lumière Christian Dubet
musique Holland Andrews, Alain Mahé, Dorothée Munyaneza
costumes Stéphanie Coudert
régie générale Marion Piry
régie lumière Marine Le Vey
régie son Camille Frachet
direction de production, administration,
diffusion Emmanuel Magis assisté de Clémence Pierre et Judith Sevilla / Anahi
relations presse Dorothée Duplan, Flore Guiraud et Eva Dias assistées de Louise Dubreil / Agence Plan Bey

Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes spectateurs.
Spectacle déconseillé aux moins de 16 ans.

Je veux parler de ces femmes qui ont vécu le viol comme arme de destruction massive, qui ont été violées et violentées quotidiennement par des hommes et quelques femmes assoiffés de sexe et de pouvoir, dans le but de les dominer, les expulser, les écarter de la vie, les torturer, les terroriser, les tuer, les exterminer.
Je veux parler d’eux, enfants de bourreaux et de victimes. Des enfants souvent visés pour le crime de leurs pères. Des enfants visés car leurs mères ont décidé de les laisser vivre. Des enfants qui se battent pour continuer à vivre.
Je souhaite une certaine élégance.
Je souhaite de la dignité.
Je souhaite une beauté non soumise.
Ces femmes et ces enfants tourmentés qui sont encore vivants et qui malgré les épreuves suivirent et suivent encore le crime qui les a abattus, tiennent encore debout, tels des arbres cherchant tant bien que mal à déployer leurs racines et leurs branches.
J’entends un choeur de femmes, de témoignages, puis de temps en temps une voix, seule, telle une soliste qui plane au-dessus de toutes les autres.
Je vois un habit sobre, épuré, dans une matière noble, fluide, robuste et résistante.
Je vois cet habit qui pourrait être passé de femme en femme, comme un héritage, une histoire qui se raconte de mère en fille, afin que celle qui l’a porté et celle qui l’a reçu ne soient pas oubliées.
Dorothée Munyaneza

Et aussi : au Festival d’Avignon, Aujourd’hui d’Alain Gomis, rencontre avec Dorothée Munyaneza le 12 juil à 11h dans le cadre des Territoires cinématographiques I Le Corps de la femme comme terrain de guerre avec Dorothée Munyaneza et Yves Daccord, directeur général du CICR, le 8 juil à 11h dans le cadre des Ateliers de la pensée.

Originaire du Rwanda, Dorothée Munyaneza quitte Kigali en 1994 à douze ans pour s’installer avec sa famille en Angleterre où elle étudie la musique à la Jonas Foundation de Londres et les sciences sociales à Canterbury. Avec la musique, le chant, la danse, le texte, Dorothée Munyaneza part du réel pour saisir la mémoire et le corps, l’individuel et le collectif, pour prendre la parole et porter les voix de ceux qu’on fait taire, pour interroger le génocide des Tutsis, la violence faite aux femmes, les inégalités raciales.
Compositrice et interprète de la bande originale du film Hôtel Rwanda, elle entrelace afro-folk, danse et textes du chanteur militant américain Woody Guthrie avec le guitariste Seb Martel ou encore croise danse, poésie et musique expérimentale avec le musicien Jean-François Pauvros, le chorégraphe Kô Murobushi et le compositeur Alain Mahé. Avec ce complice, elle expérimente des performances in situ au Centre Pompidou ou au sein des collections du Mucem de Marseille et élabore ses créations chorégraphiques. En 2006, elle rencontre François Verret
et devient son interprète dans Sans Retour, Ice, Cabaret et Do you remember, no I don’t. Depuis, Dorothée Munyaneza oeuvre sur la scène chorégraphique internationale auprès de Nan Goldin, Mark Tompkins, Robyn Orlin, Rachid Ouramdane, Maud Le Pladec et Alain Buffard. En 2013, la « danseuse à la voix d’or » crée la compagnie Kadidi. Elle signe en 2014 son premier texte Samedi Détente, une traversée mémorielle des événements tragiques qui ont frappé le Rwanda. Jouée près d’une centaine de fois en France, notamment lors des 42es Rencontres d’été de la Chartreuse et à l’étranger, cette création confirme sa place d’artiste singulière qui défie les genres, mêle le rire au tragique « pour faire entendre les silences et voir les cicatrices de l’Histoire. »

Production compagnie Kadidi, Anahi. Coproduction Festival d’Avignon ; Théâtre de Nîmes-Scène conventionnée pour la danse contemporaine ; Le Liberté-Scène nationale de Toulon ; Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai, Marseille ; la Chartreuse-CNES ; Musée de la Danse, Rennes ; Théâtre Garonne-Scène européenne, Toulouse ; MCB Maison de la Culture de Bourges-Scène nationale ; Bois de l’Aune, Aix-en-Provence ; BIT Teatergarasjen-Bergen, Norvège ; PÔLE-SUD-Centre de développement chorégraphique de Strasbourg ; L’échangeur-CDC Hauts-de-France ; Escales danse en Val d’Oise ; Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines-Scène nationale ; Théâtre du Fil de l’eau, Pantin ; Théâtre Forum Meyrin, Genève ; Tanz im August/HAU Hebbel am Ufer, Berlin ; Festival d’Automne à Paris.

Avec le soutien de Drac Paca ; Région Paca ; Arcadi Île-de-France ; Fonds de dotation du Quartz, Brest ; Creative Exchange Lab - Portland Institute for Contemporary Art ; The Africa Contemporary Arts Consortium, États-Unis ; Baryshnikov Arts Center, New York ; CICR-Comité International de la Croix-Rouge ; Fonds SACD musique de scène et Fonds SACD théâtre ; Fonds Transfabrik-Fonds franco-allemand pour le spectacle vivant ; Avec l’aide de Montevideo, Marseille. La compagnie Kadidi bénéficie du soutien de l’Institut français pour ses tournées à l’étranger. Co-accueil Festival d’Avignon, la Chartreuse-CNES. En partenariat avec France Médias Monde.