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Les cellules des pères chartreux

  • Cellule témoin © Alex Nollet
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  • Cellule témoin © Alex Nollet
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  • Cellule témoin © Alex Nollet
 
Les cellules étaient l'endroit où les pères passaient l'essentiel de leur temps. Lieu de travail intellectuel, physique et manuel, ils y priaient, mangeaient et dormaient. C'est l'espace dans lequel le moine chartreux mène une vie érémitique : c'est-à-dire qu’il suit un vie contemplative dans la solitude et le silence.
 
La Chartreuse de Villeneuve propose à la visite une cellule-témoin reconstituée selon les sources documentaires disponibles.
 
Les portes des cellules donnaient sur le déambulatoire du cloître du cimetière ou, pour les cellules de la seconde fondation, sur le cloître Saint-Jean.
 
Chaque cellule est signalée par une lettre peinte sur le linteau, rappelant ainsi qu'en entrant en chartreuse, le père perd son nom pour consacrer sa vie en toute humilité à Dieu. Cette lettre facilitait aussi le travail du sacristain. 
À côté de l'entrée de la cellule, une petite porte de bois est celle du passe-plat par lequel le moine de service pouvait déposer le repas aux reclus. Le passe-plat pouvait aussi servir de boîte aux lettres. Le père pouvait y laisser un message pour qu'on lui apporte un livre par exemple.
Le passage est ménagé dans le mur de façon oblique, de sorte que les moines ne pouvaient pas se voir et n'étaient pas tentés de se parler, ne fût-ce que par signes.
 
Les cellules se composaient de trois pièces sur deux niveaux et d'un jardin.
L'Ave Maria est la sorte de petit sas par lequel on rentre dans la cellule pour mieux marquer encore la rupture d'avec l'extérieur. Le chartreux se place sous l'invocation de la Vierge quand il sort et rentre.
Une pièce sert de chambre (cubiculum) pour le repos, le repas, l'étude et à la prière. Une autre pièce est dévolue aux travaux manuels, souci constant des moines chartreux. Ils pouvaient y couper du bois ou confectionner de petits objets. Il y a une tradition d'ébénisterie chez les chartreux.
Un escalier donnant sur un balcon leur permettait de prendre l'air par mauvais temps comme par canicule et d'avoir un œil sur un petit jardin privatif dans lequel chaque moine cultivait lui-même des fleurs et des simples qu'il faisait sécher sur le soleiller avant de les remettre au frère apothicaire qui confectionnait remèdes et onguents. 
 
 
Aujourd'hui, les cellules restaurées accueillent des artistes du monde du spectacle, en résidence individuelle ou collective s'il s'agit de compagnies : auteurs, traducteurs, metteurs en scène, comédiens, chorégraphes ou danseurs...