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La cour des frères

  • © Alex-Nollet La Chartreuse

Cette partie était réservée aux frères. Le rez-de-chaussée était occupé par des espaces de travail, des remises, la pharmacie. Les archéologues ont trouvé de la paille dans les enduits (réutilisés au XIXe et au XXe par les particuliers) ainsi que des cuves à vin et des traces de tanin.

Au premier étage se trouvaient les dortoirs puisque les frères donnés dormaient ensemble contrairement aux frères convers qui vivaient dans des cellules le long de l’allée des mûriers. Une coursive dessert tout le premier étage et rejoint le rez-de-chaussée par un escalier.

Sous la cour se trouve une cuve souterraine voûtée de 13 m de fond en pierre et en rocher. C'est une des vastes réserves de la chartreuse alimentée par les eaux pluviales.

Les premières esquisses pour la restauration du batîment date de 1998. L’étude préalable des archéologues a duré six mois et a permis l’élaboration d’une « chronologie relative » des bâtiments du XIVe siècle au XXe siècle. Tous les matériaux bois ont été datés précisément grâce à la chronodendrologie qui permet de connaître l’âge du bois suivant les cernes de celui-ci et la connaissance des climats.

Le parti pris de la restauration est le XVIIe siècle.

Le chantier de restauration a duré seize mois financé par la Direction du patrimoine (restauration du clos et du couvert, démolition des bâtiments parasites). Les aménagements intérieurs ont été financés par la DMDTS (Direction de la musique, de la danse, du théâtre et du spectacle).

 

 

Les moines du cloître : ce sont les pères qui sont tous prêtres ordonnés ou appelés à le devenir. Au sein de leur monastère, les pères partagent leur vie entre la solitude stricte d'une maisonnette appelée cellule où ils dorment, mangent, travaillent et prient et des moments de vie commune, prévus par la Règle, à travers des offices chantés (messes, vêpres, matines…) lors d’un repas en commun pris en silence au réfectoire le dimanche et d’une promenade hebdomadaire (le spaciement). Ils portent une robe de drap blanc, serrée avec une ceinture de cuir et un scapulaire avec capuche du même drap, appelé Cuculle. À l'extérieur des limites des maisons, ils portent une chape noire avec capuchon pointu.

Les frères : ce sont les frères laïcs. Ils s’attachent essentiellement aux travaux manuels nécessaires à l'entretien du couvent et à la subsistance matérielle des pères. Ils participent également à une liturgie adaptée à leur état. Les frères travaillent cependant, selon les Règles de l'Ordre, le plus possible en silence et en solitude.

Ils sont répartis en deux catégories : 

Les frères convers :  ils ont un engagement monastique (ils prononcent des voeux). Ce sont des clercs non ordonnés. Ils portent le même vêtement que les pères et ont porté la barbe jusqu’au milieu du XXe siècle. La vie des frères convers se partage entre temps de prière dans l’église et le travail à l’extérieur ou dans le cellier. Cet emploi du temps varie selon les époques de l’année : les temps de prières sont diminués pendant la grande activité agricole au printemps et en été.

Les frères donnés : leur vie est la même que celle des convers mais ils ne prononcent pas de voeux. Au bout de sept ans, ils peuvent s'engager définitivement ou entrer dans un régime de renouvellement triennal de leur donation. Ils sont moins astreints au jeûne et au lever de nuit. Leur habit est un peu diffèrent, il ne comporte pas par exemple de pans pour relier leur cuculle.