Driss Ksikes

  • Driss Ksikes © Alex Nollet / La Chartreuse

N’enterrez pas trop vite Big Brother

Catherine Marnas a commandé ce texte à Driss Ksikes dans le cadre du projet Dramaturgie arabe contemporaine. Elle vient travailler en résidence avec sa compagnie du 3 au 21 septembre prochains.

Auteur dramatique, spécialiste de la littérature, des médias et de la culture, Driss Ksikes est aussi une personnalité engagée de la vie publique marocaine. Il s’est notamment fait connaître en tant que rédacteur en chef de l’hebdomadaire marocain Tel Quel, puis directeur de la publication de Nichane. Il se retire du journalisme après sa condamnation pour « atteinte à la monarchie et à l’islam » suite à un dossier paru en 2006. C’est l’occasion pour lui de se libérer des contraintes journalistiques et de se consacrer à l’écriture dramatique. Il s’associe alors et codirige la troupe Dabateatr et instaure en octobre 2009 le rendez-vous du Dabateatr citoyen, une manière de réinstaurer l’agora dans la cité et de rétablir le théâtre comme lieu de controverse public. À l’issue des deux résidences de Driss Ksikes à la Chartreuse, le texte - N’enterrez pas trop vite Big Brother (titre provisoire) - sera travaillé par six jeunes comédiens arabes et français sous la direction de Catherine Marnas. Cette création portée par la Friche la Belle de Mai sera présentée à Marseille et en région PACA en collaboration avec les théâtres régionaux et avec le soutien de la Région et de la Régie culturelle.

« Lors de ma résidence en février dernier à la Chartreuse, j’ai essentiellement construit une première trame du texte N’enterrez pas trop vite Big Brother. La fable, que j’ai ainsi pu tisser, raconte l’histoire de l’immeuble 48, une sorte de Babel, multi-ethnique, temple de la pluralité au cœur d’une cité musulmane, autrefois brûlé . Dans la pièce, il est objet de discorde entre Absaloum et ses compagnons qui veulent en faire un jeu virtuel et Kaltoum qui exige qu’il soit reconstruit en dur pour devenir un monument classé. Les échanges avec Catherine Marnas et la lecture publique m’ont permis de passer de l’expérimentation subjective d’un désir à  l’objectivation d’une œuvre à construire. Ainsi, je m’apprête pour cette seconde phase de résidence à donner plus de consistance aux personnages, aux réalités qu’ils évoquent et aux questionnements qui sous-tendent leurs divergences. Restera, alors la finalisation de la version bilingue à mettre en scène. »

Projet financé par l’Union européenne (programme IEVP) et piloté par la Friche la Belle de Mai en étroite collaboration avec trois opérateurs culturels arabes - Shams (Liban), El Teatro (Tunisie) et Al Harah (Palestine).
Création à la Friche la Belle de Mai à Marseille du 4 au 24 novembre 2013.