Claire Rengade

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Arturo

Claire Rengade vient écrire Arturo, d’après John Fante : Arturo m’est une figure de l’acteur et de l’écrivain, Fante s’écrit lui dans un personnage qui ne cesse d’écrire sa vie au fur et à mesure, au sens propre du terme : écrivain téméraire, il est la voix off de sa propre vie.

Cette parole en marche qui acte tout m’interloque : les expériences priment sur le récit. Cet homme « joue » sans cesse à transformer la réalité à la hauteur de ce qu’il en attend. Mythomanie, animisme et désirs : c’est du théâtre non stop. Du jeu sérieux comme on le vit naturellement enfant. C’est ainsi que je conçois le parler sur scène, et c’est ma façon de fiction. Je m’attache principalement à Arturo très jeune homme (La route de Los Angeles ; Demande à la poussière) à cause de sa démesure, et car sa férocité sans fard étourdit de pulsions contradictoires. En adaptant Nicolas Bouvier, en traduisant Rodrigo Garcia (ou le contraire ?) j’ai commencé à dire « j’écris ». En fusionnant une langue, je la traduis, je la fais mienne, je suis l’acteur aussi. Je me fais mon cinéma. L’écriture c’est du montage, c’est Deleuze qui le dit. C’est vrai aussi.