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Le Grand cabaret du stress post-traumatique

  • Anooradha Rughoonundun ©Caroline Pinta
(titre provisoire)

ANOORADHA RUGHOONUNDUN

Tenue à paillettes décolletée jusqu’aux genoux. Moi je veux tuer sur scène devant les projecteurs, je chante en détournant Dalida, je veux tuer mon agresseur, tuer sans la moindre peine avec poings et genoux, moi je veux tuer sur scène en chantant jusqu’au bout.

Elles font comment, toutes les autres victimes de viol ? Est-ce qu’elles y arrivent, elles, à archiver ça dans la section « passé » du cerveau ? Depuis #metoo, nous sortons des solitudes dans lesquelles on nous a enfermé.e.s. J’ai envie de participer à faire vivre cet espace commun qui nous libère en abordant un aspect peu abordé : le long terme. Ou comment, par exemple, une poignée de viols à l’adolescence peuvent dix ans plus tard abolir toute temporalité et te rouler en boule pour deux ans d’arrêt maladie socialement inexplicables.

Je veux en parler pour nous faire du bien. Ces feux d’artillerie dans le corps et le cerveau, je veux les raconter dans des formes feel-good et populaires. Piocher dans le karaoké, le clown, la comédie musicale pour une écrire une pièce audible aux abimé.e.s, qui donne du soin et de la force.

Formée comme comédienne et metteuse en scène (INSAS), Anooradha Rughoonundun développe une pratique de l’écriture visant à l’expression des tabous. Pour porter ses textes, elle crée La lézarde, compagnie et micro-édition. Elle co-fonde le collectif pluridisciplinaire Makrâl (créations in situ et mémoire collective). Elle est formée et a travaillé comme conseillère en Planning familial.
 

Lauréate du Bivouac des comités de lecture 2021.

Avec le soutien de la Chartreuse-CNES