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The Swallow Bird

  • Marie-Thér!se Ghosn © Hamza Alhariri
(titre provisoire)

MARIE-THÉRÈSE GHOSN

Liban

« Et moi… Je suis toujours là. Je t’attends. Je t’attends dans cette maison qui n’a plus de murs. Je t’attends dans cette rue qui a oublié son nom. Je t’attends ici, dans ce spectacle, entre deux phrases. On m’a dit que rien ne se perd. J’attends de voir ce qui arrive quand le texte s’épuise. Quand les mots ferment le livre et s’en vont dormir. J’attends de voir ce qui survit… Une fois que les projecteurs s’éteignent et que la scène redevient poussière...

The Swallow Bird prend racine dans une géographie de l’instabilité : celle de Beyrouth et d’une enfance marquée par l’absence. Héritière d'une guerre que je n'ai pas vécue de front mais dont j'habite la peur, mon écriture investigue cette émotion non pas comme une idée, mais comme une sensation transmise de génération en génération. Que reste-t-il de nous, de nos mères et de nos villes, quand la structure s'écroule ?

Le projet propose une partition fragmentaire pensée comme un prolongement du corps, en mouvement ou en stagnation, où le geste vient intercepter le mot. Le texte devient alors un résidu, un état documenté à travers des « fragments-souvenirs », des voix et une « archive vivante ». À travers la figure du martinet métaphore d'une résistance sédentaire suspendue entre le désir de fuir et l'impossibilité de quitter ses racines s'articule une cartographie physique du corps comme réceptacle de l'histoire. Cette recherche sonde la fatigue héritée des gestes de soin : comment continuer à donner quand la source de l'amour est partie ? Quand le soin devient à la fois tendresse et fardeau porté à travers le temps ? Le projet cherche à transformer cet épuisement silencieux en un acte de préservation, où le corps, autrefois accablé, recommence à respirer en réclamant sa propre douceur.

Marie-Thérèse Ghosn est une artiste de théâtre indépendante, chorégraphe et performeuse basée à Beyrouth. Elle collabore avec d'autres artistes de la ville, où elle a également interprété une variété de performances. Sa pratique, ancrée dans la création, se déploie à l’intersection du corps, de la mémoire et de l’écriture. Envisageant le corps comme un réceptacle de traces, son travail interroge la manière dont les histoires personnelles et socio-politiques s’inscrivent dans la chair, sous l’emprise de l’instabilité permanente. À travers une recherche organique, elle explore la persistance du trauma et la transmission des gestes au sein de la mémoire collective.

Lauréat du l'appel à projet Qui part et revient, quelle saveur aura sa trace ? dans le cadre de la Saison méditerranée 2026

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