W/GB84

Spectacle

 

W/GB84©DelahayeW/GB84  CRÉATION
Librement inspiré d’extraits de romans de David Peace et de Woyzeck de Georg Büchner

Compagnie Fraction

Festival d'Avignondu 10 au 18 juillet à 18h
relâche le 14 juillet
Tinel - durée estimée 2h40
tarifs 28 € / 22 € / 14 €

mise en scène et adaptation Jean-François Matignon

scénographie Jean-Baptiste Manessier
lumière Laurent Matignon
son Stéphane Morisse
images Michèle Milivojevic
avec Valère Bertrand, Stéphane Czopek, Michèle Dorlhac, Sophie Mangin, Julie Palmier, Valérie Paüs, Roland Pichaud, Thomas Rousselot, Sophie Vaude
administration Thomas Pizard
GB 84 est publié aux éditions Rivages / Noir, traduction Daniel Lemoine et Woyzeck est disponible aux éditions de L’ Arche, traduction Jean-Pierre Vincent, Bernard Chartreux, Eberhard Spreng.
 
Production compagnie Fraction. Coproduction TJP de Strasbourg - CDN d’Alsace, Festival d’Avignon, Le Tricycle - Grenoble. En partenariat avec la Ville de Grenoble. Avec le soutien de la CCAS. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre national. Avec le soutien de MC2 - Maison de la Culture de Grenoble, de l’ISTS, du Théâtre des Carmes - André Benedetto. En collaboration avec la Chartreuse-CNES.
 

W/GB84 est composé de deux oeuvres : Woyzeck et GB 84. GB 84 de David Peace est le récit de la guerre qui a opposé le syndicat national des mineurs au gouvernement de Margaret Thatcher en 1984. Un gréviste, Martin Daly, voit son existence intime et professionnelle voler en éclats. Poussé au désespoir, il s’engage, se bat, se blesse, s’accroche jusqu’à la catastrophe finale. La Special Branch, section des services de police en charge du contre-espionnage et de l’anti-terrorisme, veille.
En 1837, Büchner écrit Woyzeck, la première tragédie contemporaine aux allures de fait divers, consacrée à ceux qui subissent, écrasés par la morgue et la brutalité des puissants. C’est l’histoire d’un homme, Franz, qui n’a pas les moyens de dire et qui échoue à se frayer un chemin dans un monde obscur et individualiste auquel il tente, au final, d’imprimer sa marque par le meurtre.

W/GB84 est l’histoire d’un homme qui s’appellerait Franz ou Martin, en 1837 ou en 1984, un homme qui « court à travers le monde comme un rasoir ouvert » et qui hante les œuvres de Büchner et de Peace. Son cri face à l’injustice et au néant résonne à jamais.
 

Pour Büchner, « chaque homme est un abîme ». Pour Peace, « no one is who they seem to be / no one is who they say they are », « personne n’est ce qu’il semble être, personne n’est ce qu’il dit être. »
 
« La peur dévore l’âme ». Plus que jamais, ce cri de Rainer Werner Fassbinder exprime le froid qui saisit lorsque la violence semble être le seul avenir réservé à l’homme. Violence qu’il subit, et violence qui, peut-être, est le dernier recours qu’il lui reste.

 Au départ du travail de Jean-François Matignon, il y a toujours le désir d’une écriture forte, d’une recherche plastique sur
l’ombre et la lumière, d’objets lourds d’émotions qui hantent le plateau. Tout cela au service d’une expérience sensible qui traque une vérité charriant des menaces de chaos, où la matière scénique est travaillée aux confins de l’infiniment
grand et de l’infiniment petit pour souligner le remuement de l’âme. Tout cela au service d’une question : qu’est le plateau face au monde, si l’on n’accepte pas le monde tel qu’il est ?
Depuis 1990, la compagnie Fraction a présenté plus de vingt spectacles inspirés de Brecht, de Heiner Müller, de Genet, de Shakespeare, de Didier-Georges Gabily, de Raymond Guérin, d’Henry James, de Vidosav Stevanović. En 2001, il y a eu Woyzeck, librement adapté de Büchner, en 2008, Swan, librement adapté de la tétralogie romanesque de David Peace, The red riding quartet.
 
« La représentation console
de ce que la vie est difficile,
mais la vie console de ce que
la représentation n’est qu’une
ombre. »
Jean-Luc Godard

Conversation-rencontre autour de W/GB84 avec Jean-François Matignon et l’équipe artistique
le 13 juillet 2012 à 11h entrée libre