Projet (audacieux, détestable pensée) (titre provisoire)

  • Romain Nicolas © Jacques Tancarville

Romain Nicolas

Douze comédiens, un orchestre et des chanteurs répètent un opéra. Je ne sais à quoi ça va ressembler mais il y aura quelque chose d’Enfin mort enfin plus de souffle de Schwab, de Ça tourne à Manhattan de Tom DiCillo, du Goldberg de Turini, d’Inserts de Byron, de We can’t go home de Ray, de La Centrale en chaleur de Takahashi, d’Eichmann à Jérusalem d’Arendt, du Nick’s movie de Wenders, de Carmelo Bene et de la philosophie de Kant.
Peut-être la question c’est : qu’est-ce que créer une œuvre ? C’est porno d’écrire (de faire son beurre) sur la souffrance des gens ? C’est apolitique bourgeois de ne pas écrire sur ce sujet ? Quels jeux de langage employons-nous pour légitimer nos travaux et imaginer que nous ne servons pas l’ordre bourgeois ou la pornographie sociale ? Des créateurs – calamiteux, cruels, idiots, mauvais, vaniteux, lâches, sérieux et mesquins – avec leurs idéaux vont-ils monter un opéra sur les migrants – Lampeduza on the Beach ? La pièce se déploiera-t-elle sur trois époques – se trouant et contredisant les personnages ? Face aux souffrances du monde se diront-ils comme Roland devant Olivier mourant : Dieu, mais je ne sais quoi faire ?
Je suis Romain Nicolas, écrivain pour le théâtre, traducteur et essayiste. Mon travail c’est : langue, rire et inquiétude. Langue : en inventer une qui fasse exploser les cadres de la pensée. Rire : pas un rire vaseline sociale mais un terrifiant et tragique. Inquiétude : à la fin de la pièce, il ne doit plus y avoir aucune position confortable. Juste, questions et contredits. Face au monde : je ne sais pas quoi faire.

 

Issu de l’Ensatt (2012-2015), Romain Nicolas a participé au Studio européen en septembre 2016 puis est venu en résidence en novembre 2017 avec une bourse du Centre régional des Lettres Midi-Pyrénées / Occitanie. Il est publié chez Lansman, En Acte(s) et dans diverses revues.

Commande de l’Ensatt-École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre.
Avec le soutien de la Chartreuse-CNES.