Encres

  • Encres © Claude Garanjoud

de Claude Garanjoud

Claude Garanjoud (1926-2005) a mené en peinture un travail exigeant, à la fois profondément réfléchi et d’une sensibilité à la couleur, au geste et au poème qui en fit une figure considérable et originale dans le mouvement français de l'abstraction.

« Dans les Encres, que du noir ! Le blanc n’est là qu’à titre de support. Sur Rives, il est le fond inerte sur lequel la nuit se montre, s’étend, s’impose ; sur Japon, il est le fond poreux que la nuit pénètre. Le noir plénier des Encres peut être atténué, éclairci, rythmé, mouvementé, il va toujours à la rencontre de notre part nocturne. On ne maîtrise pas la nuit. La « transfiguration » ou la « transmutation » qu’elle porte en elle ne peut s’obtenir. Aucun procédé, quel qu’il soit, n’y aboutit. Si transfiguration il y a, elle survient tel l’éclair, et l’oeuvre achevée n’en est ni la retenue, ni le souvenir, ni la transposition, mais bien le coup tranchant, le verdict, l’éblouissement. L’élégance de Garanjoud est de nous l’offrir sans jamais brusquer l’adhésion, sans jamais obliger le mystère. »
Tam Khiem Chieu

Claude Garanjoud s’installe à Villeneuve en 1980. Cette période correspond à l’utilisation d’une peinture acrylique, sa palette se limite au bleu, au noir et au blanc. Reflet de l’expérience directe de l’espace et de la vacuité, cette orientation est inspirée de penseurs et artistes chinois et japonais. À côté des toiles, il produit des encres sur papier, des gravures, des « boîtes » et des livres, la plupart à exemplaire unique, créés pour accompagner les oeuvres de Saint-John Perse, René Char, François Cheng, Kenneth White… Constant voyageur entre abstraction et mystique, il voit dans la peinture un lieu pour l’indicible.

Actes Sud lui a consacré une monographie en 2007.
À paraître ; Garanjoud, Encres, texte de Tam Khiem Chieu
De la nuit du poème, Éditions Acita.