Les Indiens

  • Julie Gilbert © Patrick Fabre

JULIE GILBERT

(Suisse)

Oui, je sais, on ne dit pas les Indiens.
On ne dit plus les Indiens.
Mais justement, j’aimerais bien dire les Indiens.
J’aimerais bien qu’on en parle.
Janvier 2016, je retourne chez les Yaquis au Mexique, où j’ai passé
la première année de ma vie.
Partout où les gens m’ont accueillie, la même question : qu’est-ce
que tu veux ? C’est cette question qui me pousse à écrire ce texte.
Qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce qu’on cherche en allant chez les
Indiens ? Qu’est-ce qu’on attend d’eux et de nous ?

Avril 2016, Chris, dans sa villa de Los Angeles, mène lui-même des cérémonies après avoir été brièvement initié par un chamane amazonien pour ne pas s’embarrasser, dit-il, des problèmes liés à la
tradition.
Août 2016, Standing Rock, plus grand rassemblement d’Amérindiens depuis 1876 pour protester contre le passage d’un pipeline sur les terres sioux (Lakota).
Et puis il y a la poétesse Diane Burns...

Un texte de réflexion sur notre rapport entre Occidentaux et Amérindiens, sur notre rapport à l’authenticité. Plus qu’un texte, un cri ou un chant. Je ne sais pas encore.
 

Julie Gilbert est autrice et scénariste. Elle explore l’écriture à partir de ses territoires de vie, le Mexique, les États-Unis, la Suisse. Ses textes sont traversés par les questions de l’exil et de l’identité, ainsi que celle du travail. Elle a reçu plusieurs bourses d’écritures et a été autrice associée des Théâtre St-Gervais et du Grütli à Genève. Elle mène des performances interrogeant la place des femmes dans la société et elle crée les Poèmes téléphoniques, comme une possible résistance poétique.

Bourse Pro Helvetia et SSA-Société suisse des auteurs.
Avec le soutien de la Chartreuse-CNES.