YDIR SAÏDI
On ne parle pas le kabyle à la maison. Je connais quelques mots, mais pas assez pour saisir une pensée. Plus les phrases que j’entends sont longues, plus la pensée m’échappe et plus mon esprit échafaude des chimères en lieu et place de ces lacunes. Une narration entre le réel et l’imaginaire s’invente et trouve sa logique au fil du récit. C’est une langue qui s’invite et raconte malgré le silence, au-delà des mots, une histoire sous-jacente, une mémoire intime.
Quand j’entends parler le kabyle, quelque chose s’éveille en moi. Cette langue habite mon corps. Cette langue, que je ne parle pas, me parle. Cette langue, c’est la langue de ma peau.
Quelles histoires se cachent derrière les langues que l’on côtoie ? Qu’en est-il quand il s’agit d’une langue héritée mais non parlée ? Et qu’en est-il quand cette langue est celle de vos parents ? Quel dialogue entretenez-vous avec ces histoires, quand la langue maternelle de vos parents est une langue étrangère ?
Tout a commencé pour Ydire Saïdi par une épiphanie ; ingénieur BTP à la SNCF, il devient acteur et metteur en scène. C’est à cette époque qu’il se forme au jeu et consacre deux masters de recherche où il questionne la place de la science dans le spectacle vivant. Comme acteur, il est notamment très actif dans la compagnie de théâtre-forum Entrées de Jeu. Il s’engage aussi dans des créations collectives où il développe une écriture pour la scène.
Commande d'écriture des Bords de Scènes Grand-Orly Seine Bièvre.
Avec le soutien de la Chartreuse-Cnes
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